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samedi 29 juin 2013

En attendant Godot

L'Auteur : Samuel Beckett est un auteur Irlandais
Le Roman : Editions de Minuit ; 1991 ; 134  pages
Genre : Classique ; Théâtre

Présentation de l’Éditeur : Farce métaphysique, 'En attendant Godot' tend vers le non-sens de l'attente d'une quelconque révélation. L'homme est seul, irrémédiablement, et c'est dans la démarche dramaturgique que Beckett cherche à donner un sens à l'existence.

Mon avis : Voilà un livre que je n'oublierai pas, et cela n'a rien de positif quand je dis ça. Je n'ai pas du tout adhéré à cet auteur, à sa façon d'écrire. Cela ne m'a pas fait rire une seule seconde et pour moi, ce fut plus une perte de temps qu'autre chose.
Les phrases sont pour la plupart assez courtes et les deux protagonistes se  renvoient la balle dans un rythme que j'ai eu parfois beaucoup de mal à suivre. Il y a également beaucoup trop de phrases entre parenthèses, j'ai trouvé que cela cassait ma lecture.
J'ai eu l'impression à un moment donné qu'il y avait plus que de l'amitié entre eux d'ailleurs !
Au milieu de la pièce, il y a une immense tirade sans queue ni tête, sans ponctuation, c'était juste une torture de la lire. Il y  a même un passage où les deux personnages se refilent plusieurs fois leur chapeau. Cela rime à quoi de faire cela ?
On a sans arrêt cette répétition "On ne peut pas, on attend Godot." On en vient à détester Godot de ne jamais arriver.
J'imagine évidemment qu'il y a une idée derrière toute cette farce, mais moi je ne l'ai pas saisie et ça m'a vraiment agacé. J'appelle cela "de l'art comptant pour rien". Les artistes se plaisent de ne pas être compris par le commun des mortels...
Ce livre nous fait dans tous les cas ressentir quelque chose, réfléchir. Mais ce n'est vraiment pas une oeuvre que j'apprécie. On le termine comme on le commence : Sans savoir réellement de quoi ça parle !!
J'ai eu l'idée de dire que ces deux hommes étaient déjà morts. Qu'attendre Godot est un peu leur enfer.

Note :


Déception
9/20

La "vision de l'artiste", ça va bien cinq minutes. Je ne lirai pas d'autres oeuvres de Beckett, c'est clair !

dimanche 28 avril 2013

Amours

L'Auteur : Pierre de Ronsard est un poète français
Le Roman : Editions Mermod ; 1967 ; 124 pages
Genre : Classique ; Poésie

Présentation de l’Éditeur : Tout ce que Ronsard a écrit de vers amoureux, mais aussi érotiques, au temps de sa verte jeunesse, et qu'il a publié entre 1552 et 1560 à Cassandre, à Marie, aux belles et accortes paysannes qui s'abandonnent sur un talus, le poète dit sa ferveur, dans une langue tantôt familière et leste, tantôt au moyen d'images mythologiques que l'on retrouve dans l'art de Fontainebleau. C'est le beau XVIè siècle qui s'exprime ici, celui du règne d'Henri II, roi cavalier, des châteaux du bord de Loire, des bals et des rêves. Ronsard n'a pas encore la tête religieuse et il ne sait pas qu'il va bientôt troquer sa plume pour une épée. Et si la poésie grave le tente déjà, il ne s'y abandonne que par occasion. Son coeur et son corps l'occupent tout entier.

Mon avis : Je ne suis pas friande de poésie à la base, mais j'ai été contente de découvrir ce poète avec ce petit recueil que m'a offert ma mère. C'était un de ses vieux livres ! 
Alors je n'ai pas autant aimé que prévu, mais malgré le vieux français, j'ai tout compris, et c'est déjà bien je pense !
J'ai réussi à trouver quelques passages qui m'ont plu et qui m'ont touché, mais dans l'ensemble, je ne suis pas fan de Ronsard.

Citations :

"Si le soucy ne jaunist plus ma face,
Si le plaisir fait en moy son sejour,
Si j'aime mieux les ombres que le jour,
Songe divin, ce bien vient de ta grace."

"Heureux espoir, par ta faveur je puis
Trouver repos des maux qui me déçoivent,
Et par toy seul mes passions reçoivent
Le doux oubly des tourmens où je suis."

Note :




Peut mieux faire
11/20

Une poésie qui m'a moins touchée que prévu, mais j'ai été très contente de découvrir Ronsard !




Lu dans le cadre du Choix du Chapelier Fou spécial PAL du mois d'avril 2013


vendredi 15 mars 2013

Lorenzaccio

L'Auteur : Alfred de Musset est un auteur français du XIXème siècle, connu pour être un "petit génie de la littérature" durant sa jeunesse. Il côtoyait notamment le salon littéraire de Victor Hugo !
Le Livre : Editions GF-Flammarion ; 277 pages ; 2008
Genre : Théâtre ; Classique

Présentation de l’Éditeur : Florence, 1537. Alexandre règne par la terreur, et la vertu a fui. Jusqu'à son cousin Lorenzo qui a changé de visage ! Lui qui était un modèle de pureté, il s'est fait entremetteur. Par mépris, on le surnomme Lorenzaccio. Lorenzaccio ne serait-il qu'un masque ? C'est que Renzo a un projet fou : à lui seul, il veut tuer le tyran. Pour l'approcher, le héros joue le débauché. Mais le rôle n'est pas sans risques. Très vite, le costume lui colle à la peau. Florence et Lorenzaccio, c'est tout comme. Trop divisés pour jamais s'entendre, ils sont tous deux condamnés à mourir.

Mon avis : Je n'ai réussi à entrer dans la lecture de cette pièce qu'au bout de la moitié du livre, puisque je ne comprenais absolument rien à ce qu'il se passait. Ce qui est fort dérangeant vous me direz ! Je n'ai donc pas pu apprécier certains dialogues à leur juste valeur, j'imagine. Il y a énormément de personnages, tellement d'ailleurs que cette pièce n'a jamais pu être jouée. J'ai un peu plus apprécié la fin et les dénouements qu'ont entraînés les actions de Lorenzaccio. En clair, il faut se renseigner auparavant sur la situation de Florence en 1537 pour pouvoir comprendre la pièce de De Musset, sinon on est complètement perdu. Ce qui fut mon cas !
Je n'apprécie pas tellement le style de De Musset que je trouve assez lourd. Ma lecture n'était pas fluide. Je n'ai pas pu m'empêcher de comparer avec les pièces de Victor Hugo qui sont, à mes yeux, bien plus agréables à la lecture, légère, et facilement compréhensible.

Note :


Peut mieux faire
11/20

Je n'ai pas forcément tout compris et le style de l'auteur n'est pas de ceux que j'apprécie le plus. Malgré tout, la fin me fut un peu plus plaisante que le reste !

vendredi 31 août 2012

La princesse de Clèves

L'Auteur : Madame de La Fayette est une auteure française du XVIIème siècle.
Le Roman : Editions Librio ; 1995 ; 160 pages
Genre : Classique

Présentation de l’Éditeur : "Je vais vous faire un aveu que l'on n'a jamais fait à un mari..." Sincère, tourmentée, la princesse de Clèves ne parvient plus à taire ses sentiments. Elle brûle d'amour depuis trop longtemps pour le duc de Nemours, l'un des plus beaux fleurons de la cour d'Henri II. Son désir est ardent ! Désespéré ! Mais elle a juré fidélité à son époux, le prince de ClèvesElle aspire au bonheur et ne peut brader sa vertu. Elle veut aimer sans trahir... Cruel dilemme ! Faut-il donc renoncer au monde ? Faire ainsi le malheur d'un mari et d'un amant ? La mort est-elle préférable aux affres de l'amour ? Du mariage au déchirement, de la pudeur au sacrifice... Madame de La Fayette exprime jusque dans ses plus impudiques silences la langue subtile de la passion

Mon avis :

Moi qui auparavant avaient de gros a prioris sur les livres classiques, pensant qu'à tous les coups ils ne me plairaient pas, depuis Notre Dame de Paris, j'ai décidé de leur donner autant de chance que les autres genre de livres ! J'ai donc ouvert La Princesse de Clèves sans me poser de questions !
J'ai trouvé dans ce livre autant de points négatifs que de points positifs et je vais donc diviser cet avis en deux parties :

Le début du livre peu vite agacer mais il est tout de même intéressant et important pour l'histoire. Madame de La Fayette explique aux lecteurs comment est organisée la Cour. Donc de mon côté, j'ai un peu souffert  puisque trop de noms, de descriptions, de personnages. Cela en devient imbuvable au bout de plusieurs pages. On ne sait plus qui est qui, qui est ami avec qui, ou qui ne l'est pas. On est perdu !
Un quart du livre est donc, à mon sens, beaucoup trop dense, mais utile, surtout pour des personnes comme nous qui ne sommes pas forcément au courant de la vie des personnages cités !
Je commençais donc un peu à désespérer, pensant que les 160 pages seraient toutes comme cela et croyez-moi, on pense que c'est peu, mais quand on s'ennuie, cela fait beaucoup !
J'avais l'impression de lire des potins, mais version beaucoup moins amusante. Le Duc X veut épouser la Comtesse Y, mais il ne peut pas car il n'est pas ami avec madame W qui a beaucoup d'influence sur le Roi puisqu'elle est sa maîtresse. Un peu ça va, mais des pages et pages comme cela, sans aucun dialogue. C'est... Horrible !
Ce livre est donc l'ancêtre de nos livres romantiques et des magazines à scandales d'aujourd'hui... Sans le côté amusant !

Heureusement, au fur et à mesure, quand on commence à s'habituer à l'écriture de Madame de La Fayette, on commence enfin à lire de façon fluide et on comprend de plus en plus ce qu'il se passe.
Les sentiments amoureux des personnages et leurs actes, qui n'en sont parfois pas vraiment, sont subtiles. A notre époque, on peut trouver cela désuet, sans importance, mais à celle des protagonistes, c'était quelque chose !
C'est romantique à souhait puisqu'en fait, tout est dissimulé, quasiment rien n'est dit en face, ou même par lettre. La Princesse de Clèves et Le Duc de Nemours se pensent tous deux amants alors qu'ils ne se sont même jamais touchés, ou concertés. C'est le comble du romantisme.
M. de Clèves est le personnage pour lequel j'ai ressenti le plus d'empathie. Aimer à ce point une personne qui en aime une autre, ne pas avoir le droit de la haïr parce que l'autre fait tout pour le respecter. Quelle situation insupportable ! C'est folie que de vivre une telle chose dans sa vie. Et je sais de quoi je parle...
L'auteure a su me toucher plus que je ne l'aurai imaginé par les tirades de M. de Clèves. Madame de La Fayette a su décrire entièrement ce que je ressens en ce moment... Ses mots sont doux mais forts, ils ne peuvent pas laisser de glace.
La princesse de Clèves m'a un peu agacée par contre, je dois bien l'avouer. Parfaite en tout point de vue, même à la fin... Elle a un comportement frustrant envers son mari et envers son "amant". Je suis trop passionnée pour agir de cette façon. Je suis peut-être dure avec ce personnage car mine de rien, elle essaye toujours de rester fidèle et droite Mais je ne peux pas m'empêcher de penser aux deux pauvres malheureux hommes qui se meurent d'amour pour elle...

Mon ressenti sur certains passages (spoiler) :

- A la fin, ma frustration était à son comble. Je sais que Madame de la Fayette, en refusant le Duc de Nemours après la mort de son mari, ne fait que tenir une promesse faite à celui-ci. Mais mince, durant tout le livre M. de Clèves souffre pour elle et à la fin du livre, c'est le Duc de Nemours qu'elle fait souffrir ! 

Citations :

"Nemours avait du jaune et du noir ; on en chercha inutilement la raison. Mme de Clèves n'eut pas de peine à la deviner : elle se souvint d'avoir dit devant lui qu'elle aimait le jaune, et qu'elle était fâchée d'être blonde, parce qu'elle n'en pouvait mettre. Ce prince crut pouvoir paraître avec cette couleur, sans indiscrétion, puisque, Mme de Clèves n'en mettant point, on ne pouvait soupçonner que ce fût la sienne."

"Je n'ai que des sentiments violents et incertains dont je ne suis pas le maître. Je ne me trouve plus digne de vous ; vous ne me paraissez plus digne de moi. Je vous adore, je vous hais, je vous offense, je vous demande pardon ; je vous admire, j'ai honte de vous admirer. Enfin il n'y a plus en moi ni de calme, ni de raison."

Note :




5,5/10

Des points positifs et négatifs car j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire et à me familiariser avec l'écriture de l'époque. Mais c'est tout de même un livre très bien écrit et les sentiments y sont retranscris d'une manière tout à fait admirable. Heureuse d'avoir découvert Madame de La Fayette !




Lu dans le cadre de la rencontre du mois d'août de notre club de lecture Lire @ Montpellier ainsi que de la Lecture Commune organisée sur Livraddict.
Chroniques des autres participants : Joyce ; Nefertari




mardi 7 août 2012

Notre Dame de Paris

L'Auteur : Victor Hugo
Le Roman : Editions Pauvert ; 1963 ; 551 pages
Genre : Classique

Résumé : Dans le Paris du XVe siècle, une jeune et superbe gitane appelée Esméralda danse sur le parvis de Notre Dame. Sa beauté bouleverse l’archidiacre de Notre-Dame, Claude Frollo, qui tente de l'enlever avec l'aide de son sonneur de cloches, le malformé Quasimodo. Esmeralda est sauvée par une escouade d’archers, commandée par le capitaine de la garde Phoebus de Châteaupers...

Mon avis :

Si on m'avait dit il y a quelques mois que je lirais du Victor Hugo, je n'y aurai jamais cru. J'ai une sainte horreur de la Littérature Classique depuis le collège, à cause de Zola et de sa Bête Humaine qu'on m'a obligé à lire... Fort heureusement, cela ne m'a pas dégoûté totalement de la lecture mais je peux comprendre que certains s'en soient totalement éloigné après une pareille épreuve ! Bref, j'ai vu cette LC sur Livraddict, et je me suis dis : J'aime l'histoire de Notre Dame de Paris depuis toujours et surtout, j'ai envie de découvrir ce grand auteur que tant de gens adulent. Ce fut de la curiosité, tout simplement, je voulais m'en faire ma propre idée !

Le début de ma lecture fut compliquée, je peux comprendre que certaines personnes aient pu abandonner parce que l'histoire met énormément de temps à se mettre en place. Les longs chapitres sur la description de Paris sont intéressants et très bien détaillés mais... Au bout de trois pages, je n'en pouvais plus ! Mais j'ai tenu bon, et j'en suis très heureuse d'ailleurs parce que ce qui vient après vaut largement le coup de souffrir un peu. D'ailleurs, j'ai presque compris le principe du "j'aime les livres qui me font souffrir, pour qui je me bats afin de les comprendre". Je dis bien PRESQUE parce que je ne lirais pas du Victor Hugo tous les jours, évidemment.
Les descriptions de Paris, donc, sont longues, longues, longues... Elles ne m'ont servis à rien, juste à souffrir pendant ma lecture. Je suis quelqu'un de très visuelle et j'ai une mauvaise vision de l'espace donc décrire toutes ces rues en long en large et en travers, leur architecte, la façon dont il est mort... Je n'ai rien retenu... Pour vous dire, je me suis même prise parfois à comparer Victor Hugo avec un plan Mappy, c'est pour dire ! (je m'excuse auprès des puristes d'Hugo, cela n'avait rien d'insultant, c'est juste une petite idée que j'ai eu pendant ma lecture :p).
J'ai aimé faire la découverte de La cour des miracles et de son roi, Clopin. Mais par contre j'ai été très surprise parce que dans le dessin animé de Disney (bah vi chacun ses références), Frollo vouait une haine farouche aux gitans. Dans le livre de Hugo, il n'y est absolument pas fait référence de cette haine, et de cette lutte contre ces immigrants qui "envahissent" Paris, selon le juge (qui soit-dit en passant n'est absolument pas juge dans le livre mais archidiacre !).
D'ailleurs, information très importante et qui m'a beaucoup surprise : Frollo est mon personnage préféré de toute cette histoire et avec Quasimodo, c'est le celui qui m'a le plus touché. C'est étrange car il représente malgré tout le mal et il a des actes vraiment monstrueux. Mais son amour pour Esméralda est si puissant que je n'ai pas arrêté de le plaindre. Je ressentais sa peine...
J'ai appris également que Claude Frollo avait un frère, personnage totalement oublié des comédies musicales, dessin-animés ou films. Frère qui mine de rien est assez important puisqu'on assiste à de nombreuses scènes avec lui. Quand il va visiter son frère (et lui demander des sous par la même occasion), ou quand il accompagne Pheobus dans ses beuveries. Il participe même à la prise de Notre-Dame à la fin du livre donc c'est pour dire !
Des phrases en latin ou en grec étaient disséminées dans le texte de temps à autres. Je n'ai absolument pas étudier ces deux langues donc je n'y comprenais rien, mais ça n'enlève rien à la compréhension de l'histoire donc, pas de problème de ce côté-là. (Malgré tout, j'ai hâte de commencer à étudier le latin puisque je commence une licence en lettres modernes à la rentrée ^^).
J'ai aimé lire les pensées philosphiques de Claude Frollo et avoir enfin mon explication du "Ceci tuera cela" avec "Le livre tuera l'édifice" qui n'est autre que : "L'imprimerie tuera l'architecture". Un art en tuant un autre en fait !
Certaines pensées exprimées par Victor Hugo sont très intéressantes mais il en parle pendant des pages et des pages et il met parfois trop de côté l'histoire réelle de son livre... Cela casse le rythme de lecture et c'est vraiment dommage !
J'ai trouvé des passages comiques dans celui-ci, je ne sais pas si je suis la seule à trouver drôle le fait que Gringoire se préoccupe bien plus de la chèvre Djali que de sa maîtresse Esméralda. Il en fallait bien un, me direz-vous, puisque pratiquement tous les autres personnages sont quasi pendus au cou de la gitane (Sauf Phoebus, qui est plutôt pendu à sa gorge, mais passons ^^). Il a un drôle d'humour Hugo ^^ J'avais néammoins parfois envie de faire taire Gringoire avec ses babillements inutiles, d'ailleurs je pense que cet agacement est là exprès puisque Frollo lui-même ressent cela.
Il y a aussi une espèce d'injustice et d'ironie : La mère et la fille qui se retrouvent enfin au bout de quinze ans mais qui sont finalement tout de suite séparées et tuées... Surtout que la mère est une des causes de leur mort.
J'ai ressenti tant d'empathie pour Quasimodo qui est cruellement rejeté par Esméralda malgré tout ce qu'il fait pour elle. Jusqu'au bout, il va la protéger. Esméralda m'apparaît comme une personne aveugle (par rapport à Pheobus) et très égoïste, un peu stupide même... C'est le personnage que j'ai le moins apprécié !
Petite remarque annexe : La comédie musicale Notre Dame de Paris reste malgré tout très fidèle au livre puisque bon nombre de paroles des chansons font directement penser aux passages du livres et à la plume de l'auteur !

Je peux donc à présent dire que j'ai adoré le style d'Hugo qui est vraiment puissant et bourré d'émotions. Il m'a émue à tant de passages dans ce livre que j'oubliais bien vite les longs chapitres de descriptions (descriptions qui sont les seules responsables d'une note aussi basse. Si Hugo avait fait en sorte de canaliser sa folie descriptive, j'aurai largement donné un 9/10 à cette fabuleuse histoire !)

Je n'ai certainement pas saisi toutes les finesses de son oeuvre, mais j'ai été touchée à plusieurs reprises, j'ai senti le génie et le poète derrière les lignes.

Mon ressenti sur certains passages (spoilers) :

- L'histoire est tellement bien ficelée que j'ai apprécié quand Hugo fait tout le temps références aux magnifiques pieds d'Esméralda. Quand elle danse, quand elle doit subir la Question, quand la vieille chérit son petit soulier d'enfant. J'avais compris avant la fin qu'Esméralda était l'enfant dérobé, mais j'ai adoré mine de rien car c'est tellement bien amené ^^


- La scène de la visite de Frollo à Esméralda, qui attend en prison d'être pendue, est incroyable d'intensité. Il lui avoue son amour qui se révèle totalement indestructible. C'est un amour qui tangue complètement vers la folie. J'ai été totalement transportée par ce passage si bien écrit et, même si Frollo est un personnage qui, par ses actes, va détruire tout sur son passage, j'ai éprouvé énormément de pitié pour lui, et je trouvais même Esméralda cruelle.


- Le chapitre où on rencontre Louis XI m'a beaucoup moins plu. Il est vers la fin du livre, pendant des pages et des pages il n'est question que des dépenses du souverain. Pendant ce temps, le parvis de Notre-Dame est en flamme, et c'est là-bas que mon attention est focalisée.


Citations :


"- Savez-vous ce que c'est que l'amitié ? demanda-t-il.

- Oui, répondit l'égyptienne. C'est être frère et soeur, deux âmes qui se touchent sans se confondre, les deux doigts de la main.
- Et l'amour ? poursuivit Gringoire.
‎- Oh ! l'amour ! dit-elle, et sa voix tremblait, et son oeil rayonnait. C'est être deux et n'être qu'un. Un homme et une femme qui se fondent en un ange. C'est le ciel."

"Chaque flot du temps superpose son alluvion, chaque race dépose sa couche sur le monument, chaque individu apporte sa pierre. Ainsi font les castors, ainsi font les abeilles, ainsi font les hommes. Le grand symbole de l'architecture, Babel, est une ruche."


"Les grands édifices, comme les grandes montagnes, sont l'ouvrage des siècles."


"Le temps est l'architecte, le peuple est le maçon."


"La parole humaine pour lui, c'était toujours une raillerie ou une malédiction. En grandissant il n'avait trouvé que la haine autour de lui. Il l'avait prise. Il avait gagné la méchanceté générale. Il avait ramassé l'arme dont on l'avait blessé."


"Sous la forme imprimerie, la pensée est plus impérissable que jamais ; elle est volatile, insaisissable, indestructible. Elle se mêle à l'air. Du temps de l'architecture, elle se faisait montagne, et s'emparait puissamment d'un siècle et d'un lieu. Maintenant elle se fait troupe d'oiseaux, s'éparpille aux quatre vents, et occupe à la fois tous les points de l'air et de l'espace."


"L'amour est comme un arbre, il pousse de lui-même, jette profondément ses racines dans tout notre être, et continue de verdoyer sur un coeur en ruine."


"Jeune fille, le sapin n'est pas beau,

N'est pas beau comme le peuplier,
Mais il garde son feuillage l'hiver."

"Grâce ! Si tu viens de l'enfer, j'y vais avec toi. J'ai tout fait pour cela. L'enfer où tu seras, c'est mon paradis, ta vue est plus charmante que celle de Dieu ! Oh ! dis ! Tu ne veux donc pas de moi ?"


"Nous nous aimerions, nous verserions nos deux âmes l'une dans l'autre, et nous aurions une soif inextinguible de nous-mêmes que nous étancherions en commun et sans cesse à cette coupe d'intarissable amour !"


Note :




7,5/10

Une lecture inoubliable, puissante et intemporelle. Malgré les longs chapitres de descriptions qui sont les seuls points négatifs de ce livre, tout le reste est tout simplement sublime : Les personnages, l'intrigue, l'émotion. Un livre qui m'a réconcilié avec la Littérature Classique.




Lu dans le cadre d'une Lecture Commune sur Livraddict, organisée par Hell-eau
Chroniques des autres participants : Luna ; Ewatoppno ; Anassete ; Ninouche2109 ; 


mercredi 21 mars 2012

Les contes macabres


Ce livre m'a été prêté par Angel, merci à lui ^^


L’auteur : Edgar Alan Poe
Le livre : Editions Soleil (Métamorphose) ; 2010
Genre : Beaux Livres ; Fantastique

Présentation de l’Editeur : Recueil de nouvelles de Poe illustré par Benjamin Lacombe.

Mon avis sur les histoires :

Ce fut pour moi ma première lecture d’œuvres d’Edgar Alan Poe, j’avais d’ailleurs offert il y a quelques années ce livre illustré à ma meilleure amie sans vraiment savoir ce qu’il en était.
J’ai trouvé l’écriture très dense. On commence par une lecture du conte « Bénédicte » et ce fut la première fois que je pris plaisir à m’arrêter et à relire plusieurs fois des phrases pour en saisir tout le sens. L’histoire était passionnante mais la façon dont Poe écrit l’est tout autant.
Je me souviens avoir pensé que j’aurais aimée pouvoir assister un cours pour m’expliquer en détails tous ces magnifiques textes.
Le conte « Le chat noir » m’a complètement bouleversée. J’avais mal pour cette pauvre créature qui aimait tant son maître, mais j’avais mal aussi pour cet homme qui faisait souffrir les autres, et surtout lui-même. Je crois que cette histoire est celle qui m’a le plus plu. Cela m’a vraiment fait froid dans le dos.
« L’Ile de la fée » m’a moins passionnée. Trop de descriptions de paysage dans lequel s’est assoupi le personnage. Je me doute bien que l’île et la fée sont une métaphore de quelque chose, mais de quoi ? Encore une fois, cela m’aurait aidé d’avoir une explication de texte. Il ne se passe pas grand-chose dans ce conte et c’est pour cela que c’est celui qui m’a le moins plu.
J’ai remarqué que dans chaque histoire, les meurtriers n’ont aucun remords et presque à chaque fois ils se font prendre à la fin, alors qu’ils ne s’y attendent pas. Dans « Le cœur révélateur », il fanfaronne même devant les policiers jusqu’à ce qu’un détail le perde. Dans « Le chat noir », c’est un miaulement qui le perd, dans « Le cœur révélateur », c’est l’obsession d’un bruit.
« Le portrait d’Ovale » m’a beaucoup plu. Un peintre qui aime le portrait de sa femme plus qu’elle-même, qui lui ôte la vie sans s’en rendre compte. Cela m’a fait penser à « La jeune fille à la perle » de Tracy Chevalier. Ces artistes qui pour leur art ont sacrifié des modèles qui les aimaient…
Dans « Ligeia », j’ai été bouleversée de lire à quel point le personnage principal aimait sa femme, au point de la décrire durant des pages et des pages, de rester un paragraphe entier sur ses yeux.
Tous ces contes sont écrits à la première personne et on est complètement happé par les ressentis et l’horreur environnante, comme si on y était réellement.

Enfin, pour finir, je dois avouer que le style d’Edgar Alan Poe m’a filé des complexes car c’es vraiment une écriture extraordinairement belle et mélodieuse.

Mon avis sur les illustrations :

Les illustrations de Benjamin Lacombe sous tout simplement parfaite à mes yeux, elles reflètent bien l’univers d’Edgar Alan Poe et m’ont aidé à encore mieux rentrer dans les histoires. Je me souviendrais toujours comme j’ai frissonné en lisant « Le chat noir » et en admirant ces dessins.

Citations :

“L’expression des yeux de Ligeia ! Combien de longues heures ai-je médité dessus ! Combien de fois durant toute une nuit d’été, me suis-je efforcé de les sonder ! Qu’était donc ce je ne sais quoi, - ce quelque chose plus profond que le puits de Démocrite, - qui gisait au fond des pupilles de ma bien-aimée ? Qu’était cela ? J’étais possédé de la passion de le découvrir. Ces yeux ! ces larges, ces brillantes, ces divines prunelles ! elles étaient devenues pour moi les étoiles jumelles de Léda, et moi j’étais pour elle le plus fervent des astrologues. »

« Il y a dans l'amour désintéressé d'une bête, dans ce sacrifice d'elle-même, quelque chose qui va directement au cœur de celui qui a eu fréquemment l'occasion de vérifier la chétive amitié et la fidélité de gaze de l'homme naturel. »

Note :

9/10

J’ai adoré cette atmosphère dérangeante et frissonnante. On plonge complètement dans l’horreur à l’aide du style incroyable d’Edgar Alan Poe. Les dessins de Benjamin Lacombe s’accordent parfaitement avec la vision que je me suis faite des contes.


mardi 10 janvier 2012

Jane Eyre

J’ai lu ce livre dans le cadre d’une lecture commune sur le site de Livraddict. Cliquez sur les noms des participants pour lire leurs chroniques : Mia ; Frankie ; platinegirl ; Aaliz ; Caya ; StupidGRIN

L’auteur : Charlotte Brontë, romancière britannique du XIXème siècle, est la sœur d’Emily Jane Brontë, célèbre écrivain du roman « Les Hauts de Hurle-Vent ».
Le Roman : Editions Baudelaire ; 1964 ; 417 pages
Genre : Classique

Présentation de l’Editeur : Jane Eyre est orpheline. Jusqu'à l'âge de 10 ans elle est hébergée (plus qu'élevée) par une tante. Elle et ses enfants maltraite Jane qui est finalement envoyée dans un pensionnat pour orphelins miteux. Jane y étudie pendant 6 ans puis y reste 2 ans comme enseignante. Quand les gens qu’elle aimait quittent l'école Jane décide de partir aussi. Elle trouve une place comme gouvernante d’une jeune fille française, pupille d'un certain M. Rochester. Comme il se doit ils tombent amoureux et décident de se marier.

Mon avis sur l’histoire : J’ai découvert cette œuvre tout d’abord grâce au film avec Charlotte Gainsbourg, que j’ai beaucoup aimé et qui a bercé mon adolescence. Je n’avais jamais voulu le lire car je n’aimais pas les Classiques en général et je pensais qu’il serait beaucoup trop compliqué. Je suis heureuse d’avoir finalement pris la décision de m’y mettre après l’avoir trouvé dans une vieille édition et d’occasion. Tout d’abord, j’ai lu les quelques pages sur la vie de l’auteur du l’œuvre et cela m’a intéressé de comprendre que Charlotte Brontë a mit beaucoup de sa vie dans cette œuvre. Son enfance douloureuse dans un pensionnat, la mort de sa sœur à cause de la tuberculose, le fait qu’elle ait toujours voulu être indépendante. On sent que grâce à son héroïne, Charlotte Brontë s’est inventé une double vie pour tenir le coup par rapport à sa vie réelle qui avait l’air austère et triste.
Cette histoire est tout d’abord celle d’une femme forte et indépendante, qui fera toujours tout selon les principes qu’elle croit justes, et malgré tous les malheurs qui peuvent lui arriver, jamais Jane ne baissera les bras. Evidemment, c’est également une très belle histoire d’amour entre deux personnes brisées.
Les scènes entre les deux personnages principaux sont très intéressantes et j’ai aimé leurs joutes verbales sans fin et ressentir leurs inclinaisons l’un pour l’autre sans qu’ils ne sachent réellement si elle est partagée.
Par contre, les passages où Rochester déclare sa flamme à Jane me paraissent parfois un peu trop surfaits, peu naturels. Disons que c’est le jour et la nuit en l’espace de quelques pages et cela m’a fait bizarre.
La présence quasi permanente de la religion chrétienne m’a également parfois un peu gênée dans ma lecture. Cette religion qui dicte au gens la conduite qu’ils doivent avoir, même en amour… Mais bon, pour un livre écrit à cette époque-là, ce n’est pas très étonnant.
Les passages de la fin lorsque Jane vit au côté de ses cousins m’a parut un peu plus long que le reste et c’est cela qui a ralenti ma lecture.

Mon avis sur les personnages : Je me suis tout de suite sentie proche de cette petite fille tellement maltraitée par sa propre famille qu’elle s’est recluse sur elle-même. Jane est quelqu’un de réservée mais on sent en elle un énorme courage et une grande tendresse. J’aimais ses imperfections mais au fur et à mesure du bouquin, elle commence à agir comme une sainte et cela en devient presque ennuyeux malheureusement… Malgré tout, je retiendrais de Jane qu’est une femme forte et indépendante qui est capable de quitter son âme sœur pour ce qui lui semble juste, pour ses valeurs. J’aimerais avec sa force d’esprit !
Hélène Burns, rencontrée à l’institution de Lowood, est un personnage très intéressant et qui comptera beaucoup pour Jane malgré le fait qu’elle n’apparaisse que très peu de page. Très pieuse, Hélène prône le « aimez vos ennemis, tendez la joue gauche si l’on vous frappe à droite » alors que Jane est plus « œil pour œil, dents pour dents », trop de rancune envers les mauvais traitements de Mrs Reed.
Evidemment, venons-en à Rochester qui est un personnage que j’aime beaucoup. Torturé, comme je les aime, un peu rustre parfois. Il a beau être décrit comme une personne peu jolie, on sent à travers ses mots, ses actions et sa conduite qu’il est un homme bourré de charmes et d’ailleurs, Jane ne tiendra pas très longtemps avant de comprendre son inclinaison pour lui. Pourtant, j’ai eu l’impression parfois que Rochester était bien plus fou d’elle. Un amour aussi pur et aussi fort est rare !
J’ai l’impression que Jane ne parait pas attachée plus que cela à la pupille de Rochester. Rochester est assez cruelle avec cette petite alors qu’elle n’est qu’une enfant, certes futile, mais elle a le temps de changer, et puis elle est très gentille.

Mon avis sur le style de l’auteur : Le livre a été facile à lire, à aucun moment je n’ai été gênée. Même les quelques passages où nous avons des descriptions sont fluides comme de l’eau, moi qui n’aime pas cela, je n’ai pu qu’apprécier la beauté et la poésie dans les termes que l’auteur utilise.

Passages préférés :
- Quand Jane se rebiffe contre ceux qui la font souffrir. Tout le début du livre avec sa vie dans le pensionnat est très intéressant.
- Les premières rencontres de Jane avec Rochester.
- L’histoire de Rochester
- Lorsque Jane apprend toute la vérité et que Rochester tente de la retenir, tout en sachant qu’elle le quittera malgré tout l’amour qu’elle éprouve pour lui.

Citations :
« Toute exaltation est suivie d’abattement, pour un enfant plus encore que pour une grande personne. »
« Voici ma joyeuse alouette. Elle n’est donc pas partie ? Il y a une heure déjà que j’entends vos sœurs chanter dans les bois. Mais, pour moi, leur chant ne compte pas. Toutes les mélodies de la terre me sont indifférentes. La seule à laquelle je sois sensible, c’est celle de votre voix. »

Note : 

7,5/10 

Une héroïne forte malgré les apparences, une histoire d’amour improbable et une certaine poésie dans le texte. Jane Eyre est sans conteste une femme d’exception et ma lecture fut un réel plaisir.

dimanche 23 octobre 2011

Peter Pan (James M. BARRIE)

(Source : Wikipedia)

J’ai lu ce livre dans le cadre du Défi de Yuka pour le mois de Novembre 2011.

L’auteur : Ecrivain et dramaturge écossais, ami de l’auteur du célèbre auteur de Sherlock Holmes : Arthur Conan Doyle. Il fut également un ami très intime de la famille Llewelyn Davies, surtout des enfants, qui lui inspirèrent les personnages de son œuvre, Peter Pan. Leur mère, Sylvia, serait la représentation de Wendy et un de ses enfants avait notamment comme prénom : Peter.

Le Roman : Editions du chat perché Flammarion 1982, 253 pages et 17 chapitres

Présentation de l’Editeur : Voici l’histoire des enfants Darling, Wendy, John et Michael, et de Peter Pan, ce merveilleux garçon qui refuse de grandir. La grande aventure commence cette nuit où Peter revint cherche son ombre et apprit aux enfants Darling à voler, pour les emmener au pays de l’Imaginaire. Là, vivent les joyeux garçons perdus, les fées et les sirènes, les fiers Peaux-Rouges et les affreux pirates avec le terrible capitaine Crochet à leur tête, et le fameux Crocodile qui a avalé un réveil… Dans l’ile de l’Imaginaire, tout peur arriver, et arrivent aussitôt d’horribles tragédies pour rire, aux rebondissements multiples. Mais un jour, il faut revenir… Il faut accepter de grandir. Et grandir, c’est renoncer à tant de privilèges comme s’amuser, faire semblant, s’envoler, oublier… Tous les enfants grandissent, mais l’enfance est immortelle ; et Peter Pan, c’est l’éternelle enfance, « joyeuse, innocente et sans-cœur » !

Mon avis : Petit Pan est un joli conte recelant milles aventures, il touche les enfants comme les adultes car chaque adulte voudrait être à nouveau un enfant et chaque enfant voudrait être Peter Pan. Tous les enfants voudraient savoir voler, et pouvoir jouer toute leur vie, sans contraintes, ni responsabilités. Je ne connaissais les histoires de notre héro que par le biais du dessin animé Disney et j’ai été surprise de la différence avec le vrai conte.
La majeure partie des aventures se déroulent dans le pays Imaginaire, une île que chaque enfant invente dans sa tête, un monde que lui seul peut connaitre et qui le fait rêver. Tous les adultes sont déjà allés au pays Imaginaire, puisqu’ils ont tous été enfants.
La différence la plus flagrante par rapport au Disney est le personnage de Peter Pan qui est beaucoup moins sympathique dans le conte. Il est vaniteux, irritable, et parfois même cruel. Mais c’est un petit garçon qui n’a jamais eu de mère. Il n’a pas apprit à faire la différence entre le bien et le mal ! Personne ne lui dit quand parfois il dépasse les bornes. Peter ne connait pas encore les regrets ou les réelles conséquences de ses actes ! Oui c'est vrai qu'en réalité, Peter Pan n'est qu'un sale gosse égoïste. Ce qui nous ramène à dire qu'à la base, l'être humain est peut-être mauvais...
Clochette est égale à elle-même, jalouse de Wendy et éperdument amoureuse de Peter qui fait semblant de ne pas le comprendre. Quand elle boit la mixture empoisonnée à sa place, Peter se demande encore pourquoi. La fée le traite alors d’imbécile. Il ne comprend pas ce qu’est réellement le sentiment amoureux. Il n’est pas encore assez grand.
Wendy fait office de mère pour Peter, ses frères et les garçons perdus, même si sa relation avec notre héro est tout de même très ambigüe car parfois ils jouent « au papa et la maman ». Pour elle, il est son premier amour, mais pour Peter, il est important que cela ne reste qu’un jeu d’enfant. Il est parfois effrayé par les sentiments qu’il fait naitre chez elle ou chez la Princesse indienne.
Les garçons perdus, les Peaux-Rouges (avec Lis Tigré et non Lili la Tigresse), les pirates ou les sirènes semblent n’apparaitre que pour le bon plaisir de Peter. Ils sont là pour être ses acolytes, ses ennemis, ou ses distractions. Tout tourne autour de Peter Pan dans le monde Imaginaire.
Parfois, Peter ne saisit pas les dangers de la situation dans laquelle se trouvent ses amis et lui. Quand il comprend que Wendy est prisonnière sur le bateau pirate dans le repère du terrible capitaine Crochet, il ne pense qu’au fait qu’elle ne supporte pas la saleté et qu’il doit la sauver.
Quand il est temps pour Wendy et ses frères de rentrer à la maison, avec les garçons perdus qui ont décidé eux aussi d’avoir enfin des parents, Peter ne veut pas que Wendy retourne chez elle. « La fenêtre doit toujours rester ouverte pour eux, toujours, toujours. » Les parents Darling ne les ont pas oubliés. Mais en fermant la fenêtre, Peter veut faire croire aux enfants qu’ils ne sont plus les bienvenus chez eux.
Les Darling sont des personnes adultes assez ennuyeuses et malgré le fait que Mrs Darling soit une mère aimante, on ne peut être que ravie quand on apprend au début du livre que les enfants vont partir vivre des aventures extraordinaires.
Quand Peter se rend compte que Wendy ne rentrera pas avec lui, qu’elle ne sera plus là pour lui raconter des histoires, il avoue l’aimer passionnément. Peter est jaloux de la mère de sa jeune amie. Il est égoïste, comme beaucoup d’enfants. C’est un garçon sans peur mais la seule fois où il se retrouve effrayé c’est quand il retourne chez Wendy, plusieurs années plus tard, en ayant oublié tout le temps qu’il s’est passé depuis sa dernière visite, et qu’il découvre qu’elle est devenue une femme. Wendy, ses frères, et même les enfants perdus, sont tous devenus des personnes adultes ordinaires, sans attraits. On se prend alors à préférer le côté insouciant de Peter qui lui ne vivra jamais une telle chose. La perte de son âme d’enfant est la promesse d’une vie vide.
Le narrateur est tantôt en retrait de l’histoire, tantôt il donne son avis et choisit même parfois de ne pas nous raconter toutes les aventures de Peter ce qui fait fonctionner notre imagination à cent à l’heure car on aimerait en savoir plus ! L’écriture est légère et agréable, sauf peut-être pour de rares paragraphes un peu longuets qui ralentissent l’histoire et qui n’ont pas lieu d’être dans ce conte merveilleux.
Je recommande ce livre pour les petits comme les grands. Peter Pan est le symbole même de notre enfance, de notre insouciance, et de notre envie de ne jamais vieillir.

Le livre et moi : Ce qu’il y a de bien dans cette histoire c’est qu’on pourrait s’identifier à peu près à tous les personnages car ils ont tous des côtés positifs et négatifs. Chacun y trouve son compte. J’ai la douceur de Wendy, l’envie de rester enfant comme Peter, la hargne de Crochet parfois, le côté maternel de Mrs Darling sûrement, la malchance de La Guigne également.
Peter Pan a beau ne pas nous apparaitre vraiment amical dans certaines situations, on ne peut que l’aimer car on l’envie énormément. Qui n’a jamais rêvé de ne pas grandir ?
J’ai compris à travers ce livre toutes les choses qui me manquent de mon enfance. On devient très vite adulte et on ne se rend pas forcément compte à quel point on a changé. Tous ces jeux insouciants, ces sentiments exacerbés, ces « on fait semblant que ». En lisant Peter Pan je me suis sentie plus adulte que jamais, ou alors, une enfant enfermée d’un un corps d’adulte, avec toutes les responsabilités que cela comporte. J’aurais aimée, comme Peter, ne jamais devoir travailler dans un bureau…

Passages préférés :
A chaque fois que Peter Pan fait mine de ne pas comprendre et que Clochette le traite alors d’imbécile.
Les retrouvailles des enfants avec Mr et Mrs Darling, Peter Pan les observant sans pouvoir un jour connaitre ce bonheur 

Citations :
« Son esprit romantique ressemblait à ces petites boites qui viennent de l’Orient mystérieux et contiennent d’autres boites encloses l’une dans l’autre. Vous croyez être arrivé à la dernière, elle en cache encore une à l’intérieur. »
« Quand à cette bouche si joliment moqueuse, un baiser y était posé que Wendy ne parvenait jamais à prendre. Il se tenait là, bien ostensiblement, au coin des lèvres, à droite. »
- Est-ce qu’il peut nous arriver quelque chose de mal, maman, du moment que les veilleuses sont allumées ?
- Rien, mon trésor, répondit-elle. Les veilleuses sont les yeux que la maman laisse derrière elle pour protéger ses enfants.
« Quand le premier de tous les bébés se mit à rire pour la première fois, son rire se brisa en mille morceaux qui sautillèrent de tous côtés et devinrent des fées. »
« Il avait des jeux un peu cruels comme de faire semblant de manger. Même si les autres avaient faim, il fallait absolument faire mine de déguster des mets délicieux et d’en être repus alors qu’on avait le ventre gargouillant à souhait. »
« Il lui arrivait de connaitre des félicités inouïes, interdites aux autres enfants, mais, en ce moment, il regardait à travers la vitre la seule joie qui lui était à jamais refusée. »
« Le nombre des garçons vivant dans l’Ile peut varier, évidemment, selon qu’il leur arrive d’être tués ou bien d’autres choses. Dés qu’ils semblent avoir grandi – ce qui est contraire au règlement- Peter les supprime. »

Autour du roman : Une des plus belles adaptions de ce conte à mes yeux reste le film de P.J. Hogan, sorti en 2003 avec comme acteurs principaux Jeremy Hunter dans le rôle de Peter Pan et Jason Isaacs dans celui du capitaine crochet (et de Mr Darling).
Le film Neverland, avec Johny Depp et Kate Winslet relaterait l’histoire de l’auteur James M. Barrie. Malheureusement, cette œuvre m’a beaucoup moins touchée.
Une suite pour Peter Pan a suscitée beaucoup d’engouement mais le film Hook de Spielberg est le plus connu de tous. On découvre dans cette histoire un Peter qui a grandit et qui est devenue un homme, ennuyeux et égoïste, délaissant ses enfants et sa femme.

Note :
7/10 

Une aventure au pays imaginaire pour retrouver notre âme d’enfant. Quand on y accède, on y prend goût et on a plus vraiment envie d’en repartir. J’ai aimé retrouver mon âme d’enfant qui ne m’a jamais vraiment quitté d’ailleurs…

dimanche 9 octobre 2011

Dracula (Bram STOKER)

Editions Baudelaire 1967 ; 598 pages ; 27 chapitres

Présentation de l’éditeur : Répondant à l'invitation du conte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux. Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu'éprouver une angoisse grandissante. Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l'apesanteur...
Jonathan Harker dois se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d'un homme qui n'est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres...

Mon avis : Je pense que tout le monde doit connaitre le célèbre « Dracula ». Soit par les films, soit par les séries, ou par les livres. Bref, Dracula est « le » vampire par excellence. Bram Stoker fut le premier, m’a-t-on dit, à avoir humanisé le vampire. (Donc c’est lui que nous devons remercier pour avoir aujourd’hui les Twilight, Vampire Diaries et compagnie…). L’histoire est somme toute assez facile à comprendre, le Comte Dracula essaye d’envahir Londres afin d’accomplir ses méfaits, mais un groupe d’humains vont tout tenter pour l’en empêcher.
Ce livre est écrit sous forme de journal intime, ou parfois de coupure de journaux ainsi que de télécommunications, chaque personnage nous raconte l’histoire de son point de vue. Seul celui du Comte manque à l’appel, ce qui m’a cruellement déstabilisé, d’ailleurs. Mais il ne faut pas trop en vouloir à l’auteur, pour l’époque c’était déjà osé de dessiner Dracula sous les traits d’un homme. L’écriture est assez fluide même si les états d’âmes des personnages, au bout d’un moment, ont commencé à me taper sur le système. Nous suivons donc les aventures de Jonathan Harker en Transylvannie où le Comte le retient prisonnier dans son château. Puis, au fur et à mesure, d’autres personnages font leur apparition. Mina, la fiancée de Jonathan, douce et intelligente. Lucie, la meilleure amie de Mina, jeune fille vertueuse et charmante. Trois hommes se battent pour avoir ses faveurs, Quincey Morris, Arthur Holmwood et le docteur Jack Seward. Survient alors un autre homme, très important pour l’histoire : Van Helsing. C’est à l’aide de cet homme qui en sait plus que les autres sur les vampires qu’ils pourront tenter de tuer la créature. Le rapport entre chaque personnage est très fort. Un lien d’amour presque indestructible les lie, ce qui d’ailleurs m’a beaucoup gêné dans ma lecture. L’auteur ne cesse de clamer l’attachement que ses personnages ont les un pour les autres, ce qui en devient presque ridicule.
Les deux lieux les plus importants où se déroule l’histoire sont donc le château de Dracula, dans les Carpates, et Londres. L’ambiance mystique et malsaine des Carpates est totalement bien décrite et on se sent oppresser tout comme l’est Jonathan Harker dans ce château qui recèle bien des dangers.
Toute la partie à Londres est beaucoup plus longue que le reste du livre. L’auteur nous entraine notamment très souvent dans la maison de Lucie, où se passe une partie de l’intrigue, et dans l’asile de fous appartenant au Docteur Seward.

Le livre et moi : Pour ma part, le personnage qui m’a le plus intéressé était Lucie. C’est grâce à elle que nous pouvons le plus apercevoir les puissants pouvoirs de Dracula et leurs malheureuses conséquences.
Au début de la lecture, j’étais enchantée par le style, le ton, et l’ambiance du livre. Toute l’intrigue dans le château nous emporte dans une terreur muette et nous frissonnons avec Jonathan. Malheureusement, plus l’histoire avançait et plus il devenait difficile pour moi de rester concentrer sur l’histoire. Il y a beaucoup de longueurs, surtout durant la chasse de Dracula par les personnages principaux. On nous abreuve de télécommunications, de télégrammes et autres documents dont on se passerait bien. Les scènes d’actions et d’horreurs sont très bien décrites et intéressantes mais elles sont trop peu en nombre par rapport aux autres. L’auteur passe beaucoup trop de temps à décrire les états d’âmes des personnages ce qui devient, à force, répétitif. J’avoue que la fin du livre pour moi a été vraiment dure à lire, j’en avais plus que marre. Surtout qu’elle m’a déçu car je l’ai trouvé bâclée. Le dénouement est écrit en quelques lignes seulement alors que je l’attendais depuis une dizaine de chapitres. Bref, j’éprouve un réel sentiment de frustration en finissant Dracula alors que le début m’avait enchanté… Mais j’ai entendu dire qu’il y aurait deux versions du livre alors peut-être vais-je essayer de trouver l’autre pour voir si elle n’est pas un peu plus aboutie.
Un autre point m’a grandement dérangé mais qui est sommes toutes, pour l’époque, tout à fait explicable : Les allusions à la religion Chrétienne. Un peu, c’est supportable. Trop, cela devient vraiment gênant… Il est question de Sa bonté et de Son pardon. Les vampires sont tous maudits et sont le mal incarné, tandis que les humains sont blancs comme neige. C’est soit blanc, soit noir, rien d’autre.
Je recommande évidemment ce livre car c’est un classique du genre vampirique et qu’il faut, je pense, pour sa culture générale, l’avoir lu au moins une fois dans sa vie.

Passages préférés : (spoiler)

- Celui où Dracula force Mina à lui sucer le sang afin qu’elle puisse se transformer, cette scène est tout simplement brutale et démontre la cruauté du Comte dans toute sa splendeur.

- La lente transformation de Lucie, très bien décrite et inéluctable.

Citations :

« Ces sentiments pourtant firent bientôt place à la répulsion et à la frayeur quand je vis le comte sortir lentement par la fenêtre et se mettre à ramper, la tête la première, contre le mur du château. »

« Jamais les cyprès, les ifs, les genévriers, n’avaient symbolisé de la sorte la mélancolie ; jamais les arbres n’avaient craqué avant tant de mystère, et jamais les hurlements lointains des chiens n’avaient fait monter dans la nuit un tel présage de malheur. »

« Lucy Westenra, mais à quel point changée ! La douceur que nous lui avions connue était remplacée par une expression dure et cruelle et, au lieu de la pureté, son visage était marqué de voluptueux désirs. »

« La lumière éclaira le visage de Lucy ; ses lèvres étaient écarlates, tout humides de sans frais dont un filet avait coulé sur son menton et souillé son vêtement immaculé de morte. »

« Tout ce corps sensuel, visiblement dépourvu d’âme, c’était comme la dérision diabolique de ce qui avait été la douce candeur de Lucy. »

« Agenouillée sur l’autre lit (…), se détachait la silhouette blanche de sa femme, et près d’elle se tenait un homme grand et mince, habillé de noir. Dans sa main gauche, il tenait les deux mains de Mrs Harker, ou plutôt il les écartait de son buste autant qu’il le pouvait de sorte que les bras de la jeune femme fussent entièrement tendus ; de sa main droite, il lui tenait la nuque, l’obligeant à pencher le visage sur sa poitrine. Sa chemise de nuit blanche était tâchée de sang, et un filet de sang coulait sur la poitrine de l’homme, que sa chemise déchirée laissait à nu. »

« Il est impossible de décrire l’expression de haine et de cruauté déjouée, de colère et de rage diabolique qui parut sur le visage du comte. Son teint de cire, devenu verdâtre, contrastait avec son regard brûlant. »

Autour du roman : Le film de Francis Ford Coppola est un de mes préférés et je le préfère largement au livre, ce qui est rare chez moi ! Je pense qu’il a prit tous les bons côtés de l’histoire, enlevé toutes les longueurs et le superflu, en rajoutant un côté beaucoup plus humain, passionné et amoureux à Dracula. Car on m’avait expliqué que le Dracula de Bram Stoker était le premier à avoir un côté séducteur : Pas du tout. C’est dans le film de Coppola que son attrait sexuel apparaît.

Plus récemment, j’ai entendu parlé de la nouvelle comédie musicale de Kamel Ouali traitant sur le sujet, j’en ai d’ailleurs fais une chronique que vous trouverez Ici. Je me passerais de commentaires…


Pour conclure, un classique du genre que je n’ai pas regretté d’avoir lu mais pour lequel je n’ai vraiment pas pris de plaisir, sauf durant les quelques passages vraiment passionnants mais qui sont si peu nombreux. Il y avait beaucoup trop de longueurs.