dimanche 22 mai 2016

Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre


"Vous êtes-vous jamais demandé ce que vaut une vie humaine ? Ce matin-là, mon petit frère ne valait pas plus qu'une montre à gousset."


Présentation de l’Éditeur : Une nuit de juin 1941, Lina, quinze ans, sa mère, Elena et son petit frère, Jonas, dix ans sont brutalement arrêtés par la police secrète soviétique.Au bout d’un voyage épouvantable de six semaines, presque sans eau et sans nourriture, entassés dans des wagons à bestiaux, ils débarquent au fin fond de la Sibérie, dans un camp de travail soviétique. Logés dans des huttes, sous alimentés, brutalisés, les déportés tentent de survivre et de garder espoir. Dans le kolkhoze, le travail de la terre est éreintant. Mais malgré la mort, la maladie, le froid, la faim et la terreur, Lina tient bon, soutenue par une mère exemplaire, son amour pour un jeune déporté de dix-sept ans, Andrius, et portée par sa volonté de témoigner au nom de tous et de transmettre un signe de vie à son père (condamné à mort dans un autre camp) grâce à son art du dessin et à l’écriture.

Auteur : Ruta Sepetys

Genre : Jeunesse ; Historique

Le livre commence ainsi :

"Ils m'ont arrêtée en chemise de nuit.
Quand je repense à cette terrible nuit, je suis bien obligée d'admettre que les signes avant-coureurs n'avaient pas manqué : on avait brûlé des photos de famille dans la cheminée ; tard dans la soirée, j'avais surpris Mère à coudre à l'intérieur de la doublure de son manteau ses plus beau bijoux et ses plus belles pièces d'argenterie ; Père n'était pas rentré de son travail. Mon petit frère, Jonas, posait des questions. J'en posais, moi aussi, mais peut-être me refusai-je à reconnaître les présages de la catastrophe. En réalité, mes parents avaient l'intention de prendre la fuite, ce que je ne compris que plus tard.
Ils n'ont pas pris la fuite. Nous avons été arrêtés."


Mon avis : 

J'ai pu découvrir, grâce à ce livre, une part peu connue de l'Histoire. Quand on imagine les camps de travail, on pense immédiatement à Hitler, Les Nazis et à la seconde guerre mondiale. 
Pourtant, Staline a lui aussi été responsable de déportations et de morts. Sous couvert du communisme, il a fait tuer tous ceux qui étaient contre son régime totalitaire.
L'ironie du sort, c'est que les personnes en Lituanie qui ont été déportées dans ces camps, ou tuées, voyaient en Hitler et ses troupes, un espoir. Ils pensaient que les Nazis viendraient sûrement les délivrer de leurs souffrances...
Ce qui est bouleversant dans cette histoire, c'est que le personnage principal est une adolescente, Lina.
Cela m'a fait bizarre de voir des enfants / adolescents traités de telle façon. Dans les camps de concentration, ils étaient tout de suite amenés "aux douches". Dans ce livre, ils sont persécutés et vivent les mêmes souffrances que les adultes.
Ce n'est pas comparable, évidemment. Mais le fait que ce soit des enfants m'a vraiment mise mal à l'aise.
Lina est fan de l'artiste peintre Munch. Munch peint ce qu'il ressent, pas ce qu'il voit vraiment. Une belle journée ensoleillée sera alors peinte de façon obscure, si dans son coeur tout est gris.


Le livre est touchant, bien écrit, dur. Mais il reste Jeunesse. Ce qui fait que j'ai malgré tout était un peu frustrée par le style de l'auteure. J'aurai aimé aller plus en profondeur et avoir plus de détails historiques.


Mon ressenti sur certains passages (spoilers) :

J'ai aimé que dans ce livre, il y ait une place particulière pour un certain garde qui fait vivre un cauchemar à Lina et sa famille. Malgré tout, ce fameux garde n'est pas là par gaieté de coeur. Comme beaucoup d'autres soldats en ce temps là, il ne faisait qu'obéir aux ordres, sinon lui aussi aurait été traité de la même façon, voir pire.
Cela montre que dans le monde, tout n'est pas noir ou blanc.

Citations :

"Il cognait le plancher du wagon avec tant de force que je craignais qu'il ne se brisât la main. Je m'avançai vers lui. Andrius m'arrêta. 
- Laisse-le faire, dit-il.
Je le regardai, incertaine.
- Mieux vaut qu'il s'y habitue, ajouta-t-il.
Qu'il s'habitue à quoi ? À être possédé par de folles colères ? Ou à ressentir une tristesse insondable, comme si le coeur même de votre être avait été arraché pour vous être ensuite resservi dans un seau crasseux ?"

"- Vous savez quoi ? fit Jonas. Quand je regarde le ciel, c'est un peu comme si j'étais allongé sur l'herbe, à la maison, en Lituanie.
À l'écouter, j'avais presque l'impression d'entendre Mère qui avait le don de mettre de la couleur dans une simple photo en noir et blanc."

"Les hommes bien sont souvent plus pratiques que beaux. Il se trouve qu'Andrius est l'un et l'autre à la fois."

Note :

16/20


Les mots me manquent pour donner mon sentiment pour ce livre. On découvre une partie de l'Histoire trop peu connue, et qui pourtant a malheureusement bien eu lieu. C'est un livre Jeunesse donc j'ai été un peu frustrée par le style de l'auteure parfois. Mais cela reste une lecture dont je ressors chamboulée.


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